L’écosystème québécois de la radio est en constant changement depuis les dernières années, alors que ses acteurs principaux et les méthodes pour en consommer les contenus évoluent. La radio demeure une source d’information et de divertissement consultée par les Québécois, bien que l’écoute de la radio traditionnelle soit en baisse depuis un certain temps déjà.
D’entrée de jeu, soulignons qu’une très grande proportion (82 %) de Québécois écoute la radio pendant au moins un quart d’heure durant la semaine. Quelque 65 % le font lors d’un déplacement, 47 % à la maison, 12 % au travail et 6 % dans d’autres lieux. Ces données sont tirées de l’enquête Numeris dont les résultats ont été publiés à l’automne 20241. L’enquête de 2019 montrait que la majeure partie de l’écoute se produisait toutefois au foyer : 47 %. L’écoute de la radio pendant un déplacement en représentait 29 % et celle au travail 22 %2. En 2025, pour le marché francophone de Montréal, on estime à 60 % la proportion d’écoute de la radio à domicile3.
Numeris (anciennement BBM) a modifié en profondeur sa méthode de collecte par cahiers d’écoute4 à l’automne 2019. Ces changements sont tels que toute comparaison avec les données antérieures n’est plus possible5. Puisque nous nous intéressons à l’évolution à long terme de l’écoute de ce média en général, nous allons, dans un premier temps, mettre en parallèle l’écoute de 2019 avec celle de 2008. Puis, nous amorcerons une nouvelle série chronologique qui couvrira cinq ans pour l’instant, soit de 2020 à 20246, inclusivement.
Habitudes d’écoute selon l’âge et le sexe
Le nombre d’heures consacrées en moyenne à la radio chaque semaine est en baisse depuis plusieurs années, tant au Québec que dans l’ensemble du Canada. De 2008 à 2019, son écoute a fléchi de 56 % chez les 12-17 ans et les 18-24 ans, de 41 % chez les 25-34 ans, de 33 % chez les 35-49 ans et de 22 % chez les 50 ans et plus. L’exposition à ce média croît avec l’âge.
1. Écoute hebdomadaire de la radio au Québec en fonction du groupe d’âges en 2008, en 2018 et en 2019

Source : Données de BBM de l’automne 2008 extraites de l’édition 2010 du Guide annuel des médias publié par Infopresse, et données de Numeris de l’automne 2018 et de l’automne 2019. Méthode des cahiers d’écoute.
Les changements méthodologiques à la collecte des données, couplés aux différentes mesures de santé publique prises en 2020 et 2021, compliquent l’analyse des données plus récentes. S’il y a baisse manifeste de l’écoute de la radio en 2022, comparativement aux deux années précédentes, la situation semble s’être stabilisée depuis.
2. Écoute hebdomadaire de la radio au Québec en fonction du groupe d’âges, en 2020, en 2023 et en 2024

Source : Données de Numeris, de l’automne 2020 à l’automne 2024. Méthodes des cahiers d’écoute.
3. Évolution de l’écoute hebdomadaire de la radio au Québec en fonction du groupe d’âges, de 2020 à 2024
Source : Données de Numeris, de l’automne 2020 à l’automne 2024. Méthodes des cahiers d’écoute.
Les hommes qui écoutent la radio y passent un peu plus de temps (15,7 heures par semaine7) que les femmes (15,0 heures).
Stations de radio privilégiées
Les stations les plus écoutées sont celles, plus nombreuses, où la musique prédomine. Lorsqu’il y en a plusieurs dans un même marché, elles se distinguent les unes des autres en adoptant des styles différents : adulte contemporain, succès de l’heure, rock moderne, succès classique, etc. Les stations à prépondérance verbale sont tout de même populaires. Selon Numeris, dans le marché montréalais francophone, les contenus de type « Nouvelles/Émissions-débat » récoltaient, chez les 18 ans et plus, de 35 % à 45 % de l’écoute, selon la semaine, pour la période allant du 28 août 2023 au 25 août 20248.
Selon l’Enquête québécoise sur les loisirs culturels et le divertissement de 2024, les émissions du matin, du midi ou du retour à la maison à la radio étaient les plus écoutées (41 %) chez les gens qui écoutaient la radio tous les jours ou presque. Sinon, 34 % écoutaient en priorité les bulletins de nouvelles, et 28 % préféraient des émissions musicales9. À l’automne 2025, parmi les marchés mesurés par audiométrie au Canada, le marché francophone de Montréal était celui où une plus grande part de la population écoutait la radio AM/FM durant une semaine donnée (87 %), suivi de ceux d’Edmonton (82 %) puis de Calgary (81 %)10.
En 2025, dans le marché francophone de Montréal, les deux stations les plus écoutées étaient le 98,5, propriété de Cogeco, et ICI Radio-Canada Première. Pour la région de Québec, ICI Radio-Canada Première, CHOI Radio X (RNC Media) et WKND 91,9 (Leclerc Communication) se démarquaient11.
Selon les données de 2026 de l’enquête du Digital News Report, un peu moins du cinquième des adultes canadiens de langue française (17 %) déclarent s’être informés à la radio au cours de la dernière semaine et 4 % l’identifient comme leur principale source de nouvelles12. En 2016, ces proportions étaient respectivement de 28 % et de 5 %. Les adultes de moins de 35 ans sont proportionnellement moins nombreux que leurs aînés à y avoir recours pour suivre l’actualité dans la semaine précédant l’enquête (11 % contre 19 %). D’une année à l’autre, cet usage est plus populaire auprès des hommes (19 %) que des femmes (15 %). À titre de comparaison, mentionnons que plus de la moitié des francophones (55 %) au pays s’informent par l’entremise de la télévision.
Services audio en continu et diffusion en ligne
Les radios AM/FM diffusant aux récepteurs traditionnels perdent des auditeurs au profit de services sur Internet. On peut dorénavant écouter un grand nombre de stations ou d’émissions en ligne, soit de manière continue, soit en choisissant des balados. On a également accès à des services sonores personnalisés de même qu’à des chaînes par satellite. Ces contenus ne sont pas nécessairement des productions nationales. En 2024, les Canadiens de 18 ans et plus consacraient 9,9 heures par semaine à l’écoute de services de diffusion audio en continu par Internet13. Il s’agit d’une hausse de 0,5 heure par semaine par rapport à l’année précédente, mais ces chiffres bougent très peu depuis 2021, inclusivement, et semblent désormais plafonner.
En raison d’un changement dans la collecte de données de Numeris, les chiffres de l’écoute de la radio traditionnelle et de celle de l’écoute en continu ont été séparés. On retrouve ainsi les résultats des années 2013 à 2019, puis ceux de 2020 à 2024.
4. Évolution de l’écoute traditionnelle de la radio et de l’écoute des services audio en continu chez les Canadiens de 18 ans et plus*, de 2013 à 2019
Source : Données de Numeris (sondages par cahiers d’écoute de l’automne 2013 à l’automne 2019, puis par mesure en continu) et de l’Observateur des technologies médias, rapportées par le CRTC dans diverses éditions des Rapports de surveillance des communications et des Rapports sur le marché des communications — Données ouvertes. *L’écoute traditionnelle correspond à la radio AM/FM diffusée aux récepteurs traditionnels ; les données des services audio en continu englobent tous les services de diffusion audio en continu en ligne, y compris la diffusion Internet des radios AM/FM.
5. Évolution de l’écoute traditionnelle de la radio et de l’écoute des services audio en continu chez les Canadiens de 18 ans et plus*, de 2020 à 2024
Source : Données de Numeris (sondages par cahiers d’écoute de l’automne 2013 à l’automne 2019, puis par mesure en continu) et de l’Observateur des technologies médias, rapportées par le CRTC dans diverses éditions des Rapports de surveillance des communications et des Rapports sur le marché des communications — Données ouvertes. *L’écoute traditionnelle correspond à la radio AM/FM diffusée aux récepteurs traditionnels ; les données des services audio en continu englobent tous les services de diffusion audio en continu en ligne, y compris la diffusion Internet des radios AM/FM.
Les données de Numeris pour la province de Québec semblent indiquer un mouvement similaire, à savoir une baisse du nombre d’heures d’écoute de la radio entre 2021 et 2022 et une stabilisation depuis. En 2024, les auditeurs radiophoniques de la province écoutaient en moyenne 15,3 heures de radio au cours d’une semaine donnée. Pour l’ensemble de la population, incluant les personnes qui n’écoutaient jamais la radio, cette moyenne était de 12,5 heures. Dans les deux cas, il s’agit de baisses d’un peu moins de deux heures par rapport à 2020.
6. Nombre d’heures d’écoutes hebdomadaire, par auditeur et par population totale chez les Québécois de 12 ans et plus, de 2020 à 2024
| 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | |
| Par auditeur | 16,9 | 16,5 | 15,1 | 15,1 | 15,3 |
|
Pour la population totale (données par auditeurs reportées sur la population totale) |
14,3 | 13,9 | 12,8 | 12,5 | 12,5 |
Source : Données de Numeris, de l’automne 2020 à l’automne 2024.
Au Canada, près d’un adulte francophone sur trois (30 %)14 écoutait la radio traditionnelle AM/FM en mode continu en ligne sur une base mensuelle en 2024. Il s’agit du pourcentage le plus élevé parmi les données récoltées jusqu’à maintenant. 35 % des personnes du même groupe démographique écoutaient des balados audio mensuellement, alors que 58 % utilisaient des services sonores personnalisés en continu.
Concernant les anglophones, c’est plutôt un cinquième (20 %) qui écoutait la radio traditionnelle en continu en ligne, soit une part moindre que chez les francophones. Les chiffres sont toutefois similaires chez les deux groupes pour l’écoute des balados audio, avec 36 % pour les anglophones, ainsi que pour l’écoute par des services sonores personnalisés en continu, avec 56 % des anglophones. Ces derniers étaient jusqu’ici plus portés à utiliser les balados et les services sonores personnalisés que les francophones.
L’écoute de la radio traditionnelle en ligne semble atteindre un plateau depuis quelques années, bien que les données suggèrent un important regain de cette pratique chez les francophones en 2024 après un score nettement moins élevé (22 %) en 2023. Les parts d’écoute des balados audio semblent également se stabiliser, alors que les services sonores personnalisés sont en hausse continuelle depuis 2013.
Soulignons que Québecor, principal acteur médiatique québécois, exploite la webradio QUB. Depuis janvier 2024, elle est également une chaîne de télévision spécialisée offerte aux abonnées de Vidéotron et de Telus. Son contenu est aussi accessible à la radio traditionnelle sur les ondes du 99,5 Montréal (propriété de Leclerc Communication) en semaine depuis août 2024. En 2025, QUB compilait un peu moins de 5 % des parts de marché à Montréal15.
7. Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et plus ayant écouté en continu la radio traditionnelle en ligne*, de 2010 à 2024
Source : Données de l’Observateur des technologies médias, rapportées par le CRTC dans diverses éditions des Rapports de surveillance des communications et des Rapports sur le marché des communications — Données ouvertes. * Au cours du dernier mois.
8. Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et plus ayant écouté de la baladodiffusion audio*, de 2010 à 2024
Source : Données de l’Observateur des technologies médias, rapportées par le CRTC dans diverses éditions des Rapports de surveillance des communications et des Rapports sur le marché des communications — Données ouvertes. * Au cours du dernier mois.
Les services musicaux personnalisés comme Spotify, Amazon Music, Apple Music et autres YouTube Music accaparent aussi une partie du temps qui était auparavant consacré aux radios conventionnelles. Cette pratique a été adoptée par un peu moins de six Canadiens sur dix (56 %), et le recours à de tels services semble encore en expansion.
9. Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et plus ayant écouté des services sonores personnalisés*, de 2011 à 2024
Source : Données de l’Observateur des technologies médias, rapportées par le CRTC dans diverses éditions des Rapports de surveillance des communications et des Rapports sur le marché des communications — Données ouvertes. * Au cours du dernier mois.
Radio satellite
Enfin, la radio par satellite fait également concurrence aux services conventionnels. Un francophone sur vingt (5 %) l’écoutait sur une base mensuelle en 2021. C’est le double au sein des anglophones. Ces proportions sont plutôt stables.
10. Évolution de la proportion de Canadiens de 18 ans et plus abonnés à la radio par satellite*, de 2017 à 2021
Source : Données de l’Observateur des technologies médias, rapportées par le CRTC dans diverses éditions des Rapports sur le marché des communications — Données ouvertes. *Au cours du dernier mois.
Le CRTC ne compile pas les résultats d’écoute de la radio satellite après 2021. Le rapport La radio en pleine transition, publié par la Société Radio-Canada en juin 2024, indique, en se basant sur les données de l’Observateur des technologies médias (OTM), que le nombre d’abonnements et d’écoutes aurait atteint un plateau depuis 2013. On y estime qu’au printemps 2023, 18 % des ménages canadiens (20 % des anglophones et 9 % des francophones) seraient abonnés à Sirius XM, principal acteur de la radio satellite au Canada, ou utiliseraient leur plateforme, des parts supérieures à ce que les données mentionnées précédemment suggèrent16.
Mise à jour : avril 2026
Notes
[1] Numeris, automne 2024. Période du 6 janvier 2023 au 3 février 2024. Méthode des cahiers d’écoute. ↑
[2] Numeris, automne 2019. Période du 26 août au 20 octobre 2019. Méthode des cahiers d’écoute. Ce type de données n’est plus compilé.↑
[3] Numeris, « Tendances d’écoute de la radio », Numeris, automne 2025.↑
[4] L’organisme procède aussi sur une base annuelle à quatre enquêtes par audiométrie pour le marché de Montréal. Chacune porte sur une période de 13 semaines. Cependant, la méthode des cahiers d’écoute est la seule qui permette de poser un regard sur l’ensemble du Québec.↑
[5] Jusque-là, l’organisme menait trois sondages par année, au printemps, à l’été et à l’automne. Chaque enquête portait sur huit semaines et faisait l’objet d’une publication. Devant la difficulté d’obtenir la collaboration d’un nombre suffisant de ménages et l’augmentation des coûts qui en découle, l’organisation mesure dorénavant l’écoute en continu, c’est-à-dire une semaine sur deux à l’exception de la période des Fêtes, soit 24 semaines par année. Il y a deux publications, au printemps et à l’automne, et chacune témoigne des résultats des 24 semaines les plus récentes. On ne peut en extraire des données pour des semaines particulières, ni pour un marché donné.↑
[6] Méthodes des cahiers d’écoute, automne 2020 (période du 18 octobre 2019 au 27 juillet 2020), automne 2021 (période du 12 mars 2020 au 30 juillet 2021), automne 2022 (période du 3 septembre 2021 au 25 juillet 2022), automne 2023 (période du 30 juin 2022 au 10 juillet 2023) et automne 2024 (période du 6 janvier 2023 au 3 février 2024).↑
[7] Numeris, automne 2024. Période du 6 janvier 2023 au 3 février 2024. Méthode des cahiers d’écoute.↑
[8] Numeris. « Types de contenu radio – Bilan de l’année », Numeris, 2024.↑
[9] Institut de la statistique du Québec, « Enquête québécoise sur les loisirs culturels et le divertissement », ISQ, août 2025.↑
[10] Numeris, « Tendances d’écoute de la radio », Numeris, automne 2025.↑
[11] Données de Numeris, rapportées dans différents médias et par différents acteurs du milieu.↑
[12] Enquête 2025 du Reuters Institute for the Study of Journalism et du Centre d’études sur les médias. Échantillon de 1 022 francophones dont 88 % résident au Québec.↑
[13] Cela inclut l’écoute en continu de stations de radio traditionnelle.↑
[14] Données de l’Observateur des technologies médias, rapportées par le CRTC dans diverses éditions des Rapports de surveillance des communications et des Rapports sur le marché des communications — Données ouvertes.↑
[15] Données de Numeris, rapportées Paré, Étienne, « ICI Première toujours devant le 98,5 FM ; Rythme s’effondre », La Presse, 11 mars 2026.↑
[16] Données de l’Observateur des technologies médias 18+, rapportées par Radio-Canada, « La radio en pleine transition », Radio-Canada, juin 2024.↑