Les quotidiens ont perdu pied

Pour les données de tirage de tous les quotidiens du Québec (et Le Droit, d'Ottawa), cliquer sur l'année désirée :

1965

1975

1985

1990

1995

1997

Pendant les années 1960, plusieurs indices permettaient d'entrevoir un brillant avenir pour les quotidiens québécois. Les nombreux baby-boomers atteignaient l'âge adulte. Ils étaient plus scolarisés que la génération précédente. La population et les revenus des gens allaient croissants. Tous ces facteurs ne pouvaient qu'augmenter le nombre d'exemplaires vendus.

De 1965 à la fin des années 1980, le tirage global a effectivement augmenté de 917,000 exemplaires malgré la fermeture de quelques quotidiens. Toutefois, 96 % de cette croissance est attribuable à l'apparition d'éditions du dimanche pour cinq des douze quotidiens. Mais, depuis 1990, c'est la chute. Une perte de 1,2 million d'exemplaires en moins de dix ans ressentie surtout du lundi au vendredi (-950,000 , -190,000 par jour), bien que les éditions des samedis et des dimanches ne soient pas épargnées avec des baisses respectives de 142,000 et 96,000 exemplaires.

Entre 1990 et 1997, la baisse a atteint 20 % (-259,000 exemplaires par semaine) pour The Gazette, 18 % pour Le Soleil (-144,000), ), 17 % pour Le Journal de Montréal (-385,000) 14 % pour La Presse (-213,000) et 7 % pour le Journal de Québec (-51,000). Pour les six quotidiens publiés en dehors de Montréal et de Québec la perte est en moyenne de 13 % (-148,000). Au cours de la même période, Le Devoir a amélioré son sort avec une augmentation de 6 %, simplement parce que, contrairement aux autres, ce quotidien connaît au début des années 1990 ses pires moments depuis 1965.

Ces données brutes ne traduisent qu'une partie de la perte de popularité des quotidiens. Elles ne tiennent pas compte de l'augmentation du nombre de clients potentiels, les 15 ans et plus. En prenant en considération cet important facteur, on constate que l'intérêt pour les quotidiens décline constamment depuis 1965. On est passé de 264,6 exemplaires vendus chaque jour par mille habitants de plus de 15 ans à 159,1 exemplaires. Pour que la pénétration actuelle soit égale à celle de 1965, il aurait fallu que les tirages augmentent de 58,5 %.

Une partie de la dégringolade est attribuable à la télévision qui est devenue le média consulté le plus souvent pour l'information locale. Il y a plus longtemps, les quotidiens avaient aussi perdu au profit de la télévision la primauté en information nationale et internationale. Rappelons également que le revenu familial disponible (après impôts directs) a régressé depuis 1989 alors que le coût d'un quotidien a augmenté, notamment à la suite de l'introduction de la TPS. Enfin, la montée de la popularité des magazines réduit le temps disponible pour lire un quotidien et donc l'intérêt à l'acheter régulièrement.

Cette désaffection n'est cependant pas propre au Québec. Selon des données compilées par l'Association mondiale des journaux, le tirage des quotidiens a chuté au cours des cinq dernières années de 10% dans l'ensemble du Canada, de 5,2 % chez nos voisins américains et de 3,7 % dans les pays membres de l'Union européenne.

Source:Audit Bureau of Communication (ABC)

 

Source:Audit Bureau of Communication (ABC)