TQS, la télévision la plus violente au Canada

 

Le mouton noir, comme le réseau TQS s'identifie, a diffusé en 1999 la moitié des 2446 actes de violence présentés par l'ensemble des six principaux réseaux cana-diens de télévision, francophones et anglophones. Ce "championnat" gagné haut la main par TQS s'inscrit dans un contexte où, pour la première fois depuis 1993, le nombre brut d'actes violents présentés au petit écran est en régression. Cette baisse ne signifie pas toutefois que les émissions sont moins violentes puisque le nombre d'actes violents par heure de diffusion est demeuré presque identique à ce qu'il était en 1998 (29,7 actes par heure). La diminution de la violence est plutôt attribuable à la diminution du temps de diffusion des émissions de fiction en 1999.

TQS remporte également la palme du nombre d'actes violents par heure de diffusion avec 89,3 actes, soit trois fois plus que la moyenne de tous les réseaux et deux fois plus qu'en 1998. Par contre, TVA, qui se classe habituellement deuxième, a cette année une fiche nettement meilleure avec 8,4 actes par heure de diffusion, devant Radio-Canada, qui ne présente que 2,7 actes de violence par heure.

Comme par les années passées, ce sont les réseaux privés dont la programmation est la plus violente avec 83 % des actes violents (33,7 actes à l'heure contre 18,9 dans les réseaux publics). Le nombre d'actes violents par heure de diffusion de-meure également beaucoup plus élevé dans les réseaux francophones (34,8 contre 24,8),

La violence continue d'être abondamment accessible aux enfants: 1781 actes de violence (72,8 %) sont montrés dans des émissions débutant avant 20 heures et 94,3 % (2306) dans des émissions dont la diffusion a commencé avant 21 heures.

C'est toujours le film qui est le format le plus violent (59 actes par heure). Cette donnée est en nette augmentation en 1999. Par contre, le taux de violence diminue considérablement dans les téléséries et quelque peu dans les téléromans. Les films renferment 65,4 % de tous les actes de violence télévisés.

Enfin, comme toujours, la violence provient surtout des émissions produites aux États-Unis (86,6 %). Les émissions américaines diffusées sur les réseaux analysés comprenaient 44,2 actes de violence à l'heure, ce qui constitue une hausse subs-tantielle par rapport à l'année 1998 (30,6). La violence des émissions américaines s'accroît d'année en année depuis que nous avons commencé nos compilations, en 1993. De 9,6 qu'il était alors, le taux de violence à l'heure est passé à 44,2 en 1999, une augmentation de 460 %.

Ces données sont issues de l'analyse de la programmation d'une semaine par année des six principaux réseaux canadiens de télévision, Radio-Canada, CBC, TVA, CTV, TQS et Global Television. Les émissions analysées sont uniquement les émissions de fiction diffusées entre 18 heures et 23 heures sur semaine et entre 6 heures et 23 heures en fin de semaine. Ces travaux de recherche sont dirigés par les professeurs Jacques De Guise et Guy Paquette de l'Université Laval.