Quotidiens montréalais:
dans l'ensemble, l'embellie se maintient

L'augmentation de tirage de 2 % que les quotidiens montréalais ont connu en 1999 a perduré en 2000. De fait, le nombre d'exemplaires vendus chaque semaine est maintenant légèrement supérieur à ce qu'il était en 1997. Mais tous les titres n'ont pas progressé. Le Devoir et Le Journal de Montréal n'ont, grosso modo, rien perdu ni rien gagné. Le tirage du quotidien The Gazette a diminué de 2,6 % pendant que celui de La Presse augmentait de 4,1 %.

Toutefois, on est loin des résultats du début de la décennie. Au total, les quotidiens de Montréal vendent 637 000 exemplaires de moins chaque semaine en l'an 2000 que dix ans plus tôt. The Gazette a subi la plus lourde perte, avec 19 %, suivi du Journal de Montréal à 12 % et de La Presse à 9 %. De son côté, Le Devoir a fait un gain de 5 %, mais ce résultat n'est attribuable qu'au meilleur tirage de l'édition du samedi. En effet, le journal vend aujourd'hui, en semaine, le même nombre d'exemplaires (26 000) qu'il y a dix ans. Ce qui est loin des 40 000 qui trouvaient preneurs au début des années 1980.

Les éditions du samedi des quatre titres montréalais ont connu en dix ans la même baisse, en proportion, que celles publiées en semaine. Mais, toute similaire soit-elle, la baisse de tirage du samedi pourrait peut-être faire plus mal en termes de revenus publicitaires. Aux Etats-Unis, on évalue en effet que les éditions du dimanche (les alter ego de nos éditions du samedi) sont responsables, en moyenne, de 40 % des recettes publicitaires des quotidiens. Les éditeurs s'inquiètent grandement car les tirages du dimanche diminuent depuis quelques années. Ils craignent de perdre une partie de ce que le New-York Times appelle le "pot of gold".