La production canadienne stagne chez les télévisions privées généralistes

Même si, globalement, les revenus des CTV, TVA, Global, TQS et des autres diffuseurs privés ont augmenté de 14 % de 1996 à 1998, leurs dépenses pour la production ou l'acquisition d'émissions canadiennes sont demeurées au même niveau, soit autour de 485 millions de dollars. Il n'en va pas de même pour leurs achats de programmes étrangers, pour lesquels les déboursés ont augmenté de 21 %, pour atteindre les 360 millions en 1998.

Plus de la moitié des sommes consacrées à la production canadienne en 1998 ont servi aux bulletins de nouvelles et 13 % à des émissions de fiction. Même si les fictions canadiennes ont bénéficié d'une mise de fonds de 65 millions de la part des chaînes privées généralistes, c'est encore bien loin des 290 millions qu'elles consacrent à l'achat de fictions étrangères (graphique 1) et qui représentent 80 % de leurs dépenses pour des productions non canadiennes.

Malgré cette stagnation des sommes investies dans les programmes canadiens par les télévisions privées hertziennes, les producteurs indépendants ont reçu une douzaine de millions de plus en 1998 par rapport à l'année 1996, soit quelque 88 millions de dollars. Comme le montre le graphique 2, plus de la moitié de cette somme a eté consacrée à la production d'émissions de fiction.

Au Québec

La situation québécoise montre beaucoup de similitudes avec celle de l'ensemble du Canada. Les revenus des stations privées québécoises pour l'année 1998 sont en hausse de 16 % par rapport à 1996, et atteignent les 409 millions de dollars. Cependant, leurs investissements pour des productions canadiennes n'ont augmenté que de 5 % pendant la même période (total de 143 millions $ en 1998), alors qu'elles ont accru de 25 % leurs dépenses pour se procurer des émissions étrangères (total de 33 millions $ en 1998). Les budgets alloués à l'achat de programmes auprès de producteurs indépendants sont demeurés les mêmes à 36 millions de dollars.

Le Québec se démarque du Canada anglais quand les stations privées québécoises consacrent autour de 80 % de leurs budgets de programmes à des émissions canadiennes, alors que cette proportion se situe en deçà de 60 % pour le reste du Canada.

Canaux spécialisés

Dans leur ensemble, les canaux spécialisés et les télévisions à péage connaissent aussi une bonne période, leurs revenus ayant augmenté de 27 % de 1996 à 1998. Les RDS, Family Channel, Musique Plus, Bravo, Super Écran et autres Télétoon ont accru les budgets consacrés à la production ou l'acquisition d'émissions canadiennes de 17 % pour les porter à 304 millions de dollars, cependant que les sommes allouées à des productions étrangères sont légèrement à la baisse à 76 millions de dollars.

 

Dépenses des télévisions privées généralistes
pour des émissions canadiennes et étrangères, 1998

 

Télévisions publiques

Par ailleurs, il ne faut pas trop compter sur Radio-Canada, Télé-Québec, TV Ontario ou les autres télévisions publiques ou non commerciales pour accroître les sommes qu'elles consacrent à la production ou à l'achat de programmes puisque leurs revenus totaux ont chuté de 11 % entre 1996 et 1998. Toutefois, malgré cette baisse de leurs ressources, les budgets alloués aux émissions en 1998 sont identiques à ceux de 1996. Ils sont de l'ordre de 800 millions de dollars.

 

Répartition par genres des émissions acquises de producteurs canadiens
par les télévisions privées généralistes, 1998