L'essor des mini-séries

 

Les mini-séries ont la cote aux États-Unis. Elles ont remplacé en grande partie les films tournés pour la télévision dans la grille-horaire de la plupart des réseaux de télévision. Le public semble s'être lassé de ces films dont les sujets de prédilection sont les «femmes en péril» et la « maladie de la semaine ». Devant la baisse de l'auditoire, les réseaux ABC, NBC et Fox ont choisi d'investir pour la prochaine saison dans des mini-séries à gros budgets et à effets spéciaux, qui mettent en vedette des acteurs bien connus. Seul CBS a choisi de conserver dans sa programmation ses soirées de cinéma. En misant sur les mini-séries, ces chaînes ne semblent pas prendre trop de risques si on en juge d'après les cotes d'écoute de Merlin, diffusée par NBC: un total de 35,3 millions de téléspectateurs, répartis sur deux soirs, ont regardé la série, ce qui lui a valu la première place au palmarès des dramatiques et des films diffusés par les six réseaux de télévision nationaux cette saison. La série Moby Dick, présentée par USA Network, a également atteint des records en rejoignant le plus grand auditoire jamais vu pour une production originale de divertissement diffusée sur le câble (5,9 millions de foyers sur deux soirs). Les chaînes de télévision semblent donc réaliser que les mini-séries, tout comme les films, sont des éléments-clés d'une grille-horaire; leur diffusion constitue en quelque sorte un événement, tant par le sujet que par leur durée limitée, et permet de vendre le réseau tout autant que la programmation à un grand nombre de téléspectateurs.

Cette tendance favorise les producteurs de taille moyenne. Pour les plus grands studios comme Warner Bros., Paramount et Columbia TriStar, l'investissement n'est pas assez profitable. De leur côté, les petites maisons de production ne peuvent supporter des budgets de cette envergure. Ce sont donc les producteurs comme Hallmark Entertainement, qui a produit Merlin et Moby Dick, qui y trouvent leur compte. Même si les réseaux américains ne participent qu'au tiers du coût total de la production, la demande pour ce type d'émission est tellement forte, entre autres en Europe, que ces producteurs ne semblent avoir aucun problème à faire leurs frais.

 

En Europe

C'est en Italie que les télédiffuseurs encouragent le plus la création des mini-séries, considérant que celles-ci se prêtent bien à la coproduction internationale, qu'elles s'intègrent facilement dans une programmation (contrairement à leur réputation) et que les risques financiers qu'elles comportent sont plutôt limités. L'an passé, les investissements du télédiffuseur Rai dans la production de mini-séries ont augmenté de 32 %, et le volume a triplé, passant de 16 heures en 1996 à 56 heures en 1997.

En France, la télévision publique France 2 et le réseau privé TF1 redéfinissent actuellement leurs politiques face aux mini-séries. Car si certaines d'entre elles ont drainé de fortes cotes d'écoute, par exemple Une femme en blanc sur la chaîne France 2, d'autres ont connu un succès plus mitigé. France 2 a donc décidé de produire un moins grand nombre de mini-séries l'an prochain, afin de conserver leur caractère exceptionnel, qui favorise leur popularité.

La production de mini-séries connaît aussi un essor en Grande-Bretagne, mais elle dépend grandement des pré-ventes à l'étranger et d'accords internationaux de coproduction, en raison des coupures budgétaires importantes qu'impose la concurrence entre les réseaux. De plus, le succès d'une mini-série auprès de l'auditoire dépend en grande partie de sa signature, qui doit conserver son caractère « british ».

Source : Television Business International, Juin 1998, p. 18.