Les chaînes spécialisées: la télé des plus riches?

Plus les revenus sont élevés, plus l'écoute de la télévision se fait sélective. Comme certaines des chaînes spécialisées offrent une programmation d'informations, de documentaires, de cinéma etc., peut-on croire que les mieux nantis, bien souvent plus scolarisés, consacrent plus de temps que les autres téléspectateurs aux services spécialisés en général? En fait, non. Comme on peut le voir dans le graphique ci-contre, le nombre d'heures d'écoute des chaînes spécialisées francophones au Québec, pendant la soirée, est pratiquement le même, peu importe le revenu (respectivement environ 1,3 et 1,6 heure par semaine).

C'est plutôt du côté des chaînes généralistes francophones qu'on note une variation sensible dans les habitudes d'écoute : dans la catégorie des revenus de moins de 20 000 $, on y consacre 20,4 heures par semaine, alors que dans celle des revenus de 100 000 $ et plus, on ne les écoute que 14,5 heures.

Malgré l'attrait croissant pour les chaînes spécialisées francophones - leur écoute moyenne en période de grande écoute a doublé entre 1993 et 1997, passant de 0,8 à 1,6 heure par semaine- il reste que les consommateurs plus fortunés, ce groupe moins avide de télévision et qui intéresse particulièrement les annonceurs, ne sont pas de plus grands amateurs des services spécialisés que la population en général.