Canaux spécialisés

Revenus publicitaires et profits en forte hausse

De 1996 à 2000, les revenus publicitaires des canaux spécialisés sont passés de 155 à 381 millions de dollars, ce qui représente une hausse moyenne de 25 % par année (graphique 1). Une croissance du même ordre a été observée du côté des seuls canaux francophones. Certes, cette croissance remarquable des revenus publicitaires est en lien direct avec la croissance du nombre de canaux spécialisés qui sont passés de 21 en 1996 à 45 en l'an 2000 à l'échelle de l'ensemble du Canada, et de 6 à 13 pour les canaux francophones (excluant Météomédia et Télétoon). Mais ce seul facteur n'explique pas tout puisque bon nombre des « anciens » -- ceux qui étaient déjà présents dans le marché en 1996 &endash; ont au moins doublé deux revenus tirés de la publicité pendant la période. C'est le cas, notamment, des RDS, Météomédia, Bravo!, Discovery, Life, MuchMusic, Showcase et YTV.

 

Les auditoires ciblés en demande

Les annonceurs consacrent donc une part de plus en plus grande de leurs achats de temps d'antenne à ces canaux qui leur offrent des auditoires plus ciblés que les chaînes généralistes. Alors que les placements publicitaires chez les canaux spécialisés ont plus que doublé en l'espace de quatre ans, ils n'ont cru, pendant la même période, que de 17 % chez les stations privées conventionnelles (graphique 2).

Mais puisque les deux secteurs de l'industrie ont connu une croissance, celle des canaux spécialisés ne s'est pas faite au détriment des généralistes, sinon ces dernières auraient connu une décroissance fulgurante. L'industrie n'est donc pas placée devant un jeu à somme nulle. Les dernières années ont plutôt montré qu'il y avait place à une croissance globale des affaires.

 

Les profits aussi croissent rapidement

Par ailleurs, les canaux spécialisés ont pu également compter sur une hausse importante entre 1996 et 2000 (76 %) des redevances qui leur sont versées par les câblodistributeurs et les entreprises de radiodiffusion par satellite en fonction de leur nombre d'abonnés (graphique 3). Tant et si bien que les revenus combinés des 45 canaux spécialisés ont dépassé le cap du milliard de dollars pour la première fois en l'an 2000. Ce secteur de l'industrie a enregistré des bénéfices avant impôt de l'ordre de 120 millions de dollars. Il occupe une place de plus en plus importante dans l'industrie puisque, en comparaison, les revenus des 98 stations de télé privées hertziennes ont atteint, la même année, 1,9 milliard de dollars, et leurs profits ont été d'environ 180 millions.

Les profits des canaux diffusés uniquement sur le câble et par satellite ont progressé, en moyenne, de 49 % au cours des cinq dernières années, par rapport à presque deux fois moins (28 pour les stations privées généralistes. Les quelque 4 millions de profits nets avant impôts que chacun des Canal D, Canal Famille, Canal Vie et MétéoMédia ont déclaré à la fin de leur exercice 2000, ainsi que les 12 millions de RDS se comparent avantageusement aux 48 millions dégagés pendant la même période par le Groupe TVA, qui inclut le réseau TVA. Ce dernier jouit en effet de 30 % de parts d'audience, alors qu'il est rare que celle d'un canal spécialisé dépasse les 2 %.

Malgré ces résultats globaux fort intéressants, environ le tiers des canaux spécialisés ont terminé leur dernière année financière dans le rouge. C'est le cas notamment du côté francophone de toutes les nouvelles chaînes lancées au cours de l'année 2000, qu'il s'agisse de Canal Évasion, de Canal Z, d'Historia ou de Séries +. Leurs pertes ont varié entre 1,3 et 3,1 millions de dollars.

Sources : CRTC, Télévision, relevés statistiques et financiers 1996-2000; CRTC, Télévision payante et d'émissions spécialisées, relevés statistiques et financiers, 1996-2000.