Diffusion par satellite : Le Canada dans le peloton de tête

La progression du nombre d'abonnements à la télévision numérique par satellite a été de loin plus importante au Canada en 2001 (41 %) que dans les autres pays du G7, soit l'Allemagne, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni (voir graphique 1). Si bien que la proportion de foyers canadiens ayant opté pour la petite soucoupe est, à 14,3 %, la cinquième plus élevée au monde (graphique 2).

Graphique 1

Graphique 2

Ce taux de pénétration se rapproche de celui des États-Unis (16,8 %), premier pays à avoir lancé des satellites numériques de diffusion directe. L'écart pourrait d'ailleurs se rétrécir en 2002. En effet, au Canada le conflit de travail chez Vidéotron dope les abonnements chez Bell ExpressVu et Star Choice alors qu'un certain désarroi règne du côté américain. General Motors, déçu des résultats financiers de sa filiale DirecTV qui domine pourtant le marché américain quant au nombre de clients, l'a vendue à son concurrent EchoStar. Un an plus tard, les décisions des organismes de réglementation concernant cette fusion se font toujours attendre. Plusieurs organisations ainsi que de nombreux leaders politiques des États plus ruraux s'y opposent en raison du monopole que cela accorderait au nouvel EchoStar.

L'industrie de la télévision par satellite est également dans la tourmente dans plusieurs pays européens. Canal + en France et Telepiù en Italie connaissent d'importantes pertes financières et leur propriétaire, Vivendi Universal, cherche à vendre des actifs, dont Telepiù, pour rembourser une partie de ses dettes colossales. En Allemagne, les déboires du seul opérateur, Premiere World, ont été parmi les principaux facteurs de la banqueroute de sa société mère, le méga groupe Kirch. Cependant, Rupert Murdoch s'en tire nettement mieux au Royaume-Uni. Sa filiale BSkyB, qui y est la seule entreprise de diffusion par satellite, est très rentable. Le clan Murdoch est d'ailleurs identifié parmi les repreneurs éventuels de Telepiù et de Premiere World. Il sera sans doute aussi à nouveau sur les rangs pour acquérir l'américaine DirecTV si le rachat de cette dernière par EchoStar n'est pas autorisé.

Bien qu'elle ait éprouvé des difficultés ces derniers temps, DirecTV demeure une prise alléchante pour qui a les moyens de l'acquérir &emdash; ils sont peu nombreux en ce moment. Elle domine toujours le palmarès mondial des sociétés de diffusion par satellite quant au nombre d'abonnés. Elle en comptait 10,7 millions à la fin de 2001, comparativement à 6,8 millions pour EchoStar, qui arrive au second rang. La britannique BSkyB occupe la troisième place avec 5,7 millions d'abonnés. Les canadiennes Bell ExpressVu (1,1 million) et Star Choice (0,7 million) se classent, respectivement, au 12e et au 16 e rang.

Sources : Screen Digest, juin 2002 ; Los Angeles Times, 30 juillet 2002 ; le Monde, 22 août 2002.