Nouvelles télévisées

Les téléspectateurs recherchent la qualité

Toute entreprise possédant des stations de télévision et souhaitant que ses actifs prennent de la valeur devrait investir dans la qualité de ses bulletins de nouvelles. C'est le meilleur moyen de maintenir sinon d'augmenter le nombre de ses auditeurs (cotes d'écoute).

Telle est la conclusion d'une analyse conduite par des chercheurs de l'Université Columbia qui, au cours des quatre dernières années, ont attribué une cote de qualité aux bulletins de nouvelles locales de 189 stations de télévision aux États-Unis. Ils ont ensuite analysé l'évolution des cotes d'écoute de ces stations pour l'ensemble de la journée. Comme le montre le graphique 1, les auditoires de 55 % des stations offrant la meilleure information sont en croissance, une proportion nettement supérieure à celles des autres groupes de stations.

De manière plus précise, mais pour un groupe plus restreint de 43 stations, les chercheurs ont mis en relation l'écoute propre aux bulletins de nouvelles et leur qualité. Les résultats sont encore plus probants : 63 % des émissions d'information de qualité A ou B gardent leurs auditeurs ou en gagnent de nouveaux, comparativement à 20 % seulement pour les émissions cotées D (graphique 2).

Pour atteindre la réussite, les auteurs de l'étude proposent les cinq clefs suivantes :

Graphique 1

Graphique 2

* Donnée non significative pour les émissions cotées E en raison du petit nombre de bulletins (2) ayant obtenu une telle cote.

Quand les annonceurs se mêlent d'information?

Des fissures de plus en plus importantes apparaissent dans le « mur » qui a été érigé au fil des décennies pour préserver l'information des influences indues des annonceurs.

Chez nos voisins américains, la moitié des directeurs de l'information des stations locales de télévision affirment que les annonceurs sont intervenus au cours de la dernière année pour que des journalistes couvrent des événements qui leur étaient favorables. De plus, un annonceur sur cinq rapporte que des clients ont fait pression pour que la station passe sous silence des nouvelles qui pouvaient nuire à leurs affaires. De telles pratiques seraient plus fréquentes dans les petits marchés.

L'enquête a été réalisée auprès de 118 des 850 directeurs des salles de nouvelles locales qu'on retrouve dans l'industrie télévisuelle américaine. De plus, comme le montre le graphique 3, les entreprises qui achètent du temps d'antenne pendant les bulletins de nouvelles obtiennent diverses bonifications : &endash; un annonceur, parfois même le lecteur des nouvelles, rappelle le nom des commanditaires ; &endash; on les associe à un segment de l'émission ; &endash; leur logo apparaît à l'écran ; &endash; la station diffuse des reportages sur leurs affaires.

Chez nous, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec croit que les médias desservant les milieux locaux sont soumis à des pressions de plus en plus nombreuses des annonceurs. Elle organise, d'ailleurs, une série de rencontres dans les différentes régions du Québec pour discuter de la situation avec les dirigeants de diverses organisations qui achètent de la publicité.

Source : Rapport du Project for Excellence in Journalism publié dans Columbia Journalism Review, édition de novembre/décembre 2001.