Nos observations


Numéro 14, juillet/août 1996

LES TÉLÉ EUROPÉENNES SONT-ELLES FRIANDES
DES PRODUITS CANADIENS DE FICTION?

Les émissions de fiction que le Canada a à proposer au marché européen peuvent jouir de certains avantages compétitifs. Il sont en effet produits soit en anglais, soit en français, deux des plus importantes langues du continent européen. Les cultures anglo-saxonne et latine qui inspirent les créateurs et artistes canadiens sont d'origine européenne.

L'Observatoire européen de l'audiovisuel publie pour la première fois, dans son Annuaire statistique 1996, diverses données concernant l'origine des émissions de fiction diffusées par 88 chaînes de télévision européennes. Les programmes d'origine canadienne ont représenté 3 721 heures de diffusion sur l'ensemble de ces chaînes au cours de l'année 1994, soit 1,5 % des heures au cours desquelles elles ont diffusé des émissions importées (voir le tableau 1). C'est évidemment bien loin derrière les États-Unis dont les produits comptent pour près de 70 %. Notre place se compare à celles de l'Italie et de l'Allemagne. Le regroupement Australie/Nouvelle-Zélande, dont la population est pourtant inférieure à celle du Canada (22 millions versus 28), fait beaucoup mieux avec 3,3 % du marché européen des fictions importées.

Graphique 1

Le graphique 1 montre que les émissions produites originellement dans la langue de Shakespeare sont les plus diffusées, qu'elles soient américaines, anglaises, australiennes ou néo-zélandaises. Ainsi, la France diffuse beaucoup plus d'émissions provenant de Grande-Bretagne que l'inverse (rapport de sept heures pour une). Les autres pays latins, soit l'Italie, l'Espagne et le Portugal, ainsi que la Grèce diffusent tous un plus grand nombre d'heures en provenance de la Grande-Bretagne que de la France.

Seules les émissions canadiennes produites en anglais ne paraissent pas tirer profit de cet &laqno;avantage». Ainsi, le graphique 2 montre que les productions venant d'Australie et de Nouvelle-Zélande surpassent celles du Canada dans presque tous les principaux pays européens.

Graphique 2

Les pays latins sont les seuls à réserver un meilleur accueil au Canada qu'à l'Australie/Nouvelle-Zélande, sans doute en raison des productions en langue française du Québec. Toutefois, ce ne sont pas ces pays qui diffusent le plus grand nombre d'heures de fiction d'origine canadienne, mais plutôt la Grande-Bretagne, l'Allemagne et les quatre pays nordiques (Danemark, Finlande, Norvège et Suède), qui sont responsables, respectivement, de 10,59 %, 13,19 % et 23,62 % des heures de diffusion accordées aux produits canadiens en Europe.

Graphique 3